Le monde assiste a une transformation géopolitique majeure, marquant la fin progressive de l’ère de l’hégémonie occidentale. Face à un modèle jugé caduc par de nombreux pays comme le Burkina Faso, le Mali, le Niger qui ont décidé d’arrêter toute coopération déséquilibrée marquée par le pillage des ressources et l’appauvrissement entretenue, la Chine tout comme la Russie proposent plutôt une alternative qui non seulement défie le statu quo, redéfinit les équilibres de pouvoir en évitant des ingérences politiques déstabilisatrices. En Afrique et dans la région Indo-Pacifique, le nouveau modèle chinois gagne en crédibilité, mettant en lumière les faiblesses d’une approche occidentale de plus en plus contestée.
L’approche occidental qui a contribué à asservir les peuples noirs tout en les pillant et en leur imposant au même moment des guerres montées de toutes pièces, est en perte de vitesse. Pendant des décennies, l’Occident a bâti sa puissance et sa richesse sur un modèle reposant sur la supériorité militaire, le contrôle des institutions financières mondiales et une rhétorique de la « démocratie » très souvent accompagnée d’ingérences bien planifiées. Cette approche qui a imposé des sanctions unilatérales et provoqué des conflits évitables, a généré au sein de la nouvelle génération consciente un sentiment de croisant de rejet et de reconsidération des politiques de domination. De nombreux pays du sud global se sentent lassés de recevoir des ordres et des leçons et considèrent que cette hégémonie a entravé leur propre développement en inscrivant la pauvreté comme comme fatalité insurmontable. Ce modèle occidental basé sur une domination planifiée, structurée et encadrée est désormais perçu comme une approche dépassée. Le réveil des masses populaires dans les pays de l’AES par exemple a contribué à faire comprendre qu’il est temps pour l’Afrique consciente d’engager des coopérations respectueuses des valeurs humaines avec la Chine, la Russie et d’autres pays du bloc de rupture pour un monde multipolaire, et surtout trouver des voies et moyens pour rattraper le retard imposé par des manœuvres déstabilisatrices permanentes et planifiées.
Le soft power chinois, la nouvelle voie de coopération
La Chine pour sa part a développé une stratégie qui contraste fortement avec celle de l’Occident Plutôt que d’imposer un modèle politique, elle met l’accent sur une coopération économique pragmatique et le principe de non ingérence. Au cœur de cette stratégie, se trouvent les nouvelles routes de la soie, un projet d’infrastructures titanesque. En finançant des routes, des ports et des réseaux de communication en Afrique et en Asie, la Chine se positionne comme un partenaire de développement et non comme un donneur de leçons. Ces investissements massifs créent des interdépendances économiques et technologiques qui renforcent l’influence chinoise de manière progressive et souvent plus subtile. Pour les pays bénéficiaires, malgré qu’il y ait des accords d’approvisionnement en matières premières, cette approche est séduisante. Elle promet une croissance rapide sans les conditions politiques entachées et réduites aux petites aides au développement occidentales insignifiantes et inopérantes.
L’Afrique et la région Indo-Pacifique sont désormais les épicentres du basculement de la géopolitique mondiale. Les nations de ces continents se voient offrir un véritable choix, ce qui leur permet de diversifier leurs alliances et partenariats. Elles ne sont plus contraintes de s’aligner exclusivement sur un occident en perte de toute valeur humaine qui préfère mille et une fois privilégier le financement massif des guerres et un positionnement maladroit de l’OTAN aux abords des frontières des pays ciblés. Cette liberté de manœuvre qui se construit de jour en jour, rompt irrévocablement les équilibres établis et permet aux pays africains de trouver en la Chine un partenaire qui répond directement à leurs besoins en infrastructures, tout en respectant leur souveraineté. Le déclin de l’Occident paternaliste est désormais acté s’il ne parvient pas à se réajuster en abandonnant ses méthodes de déstabilisation programmée.
Éric Moïse NKOUANDOU MOUNTOUMNJOU